Festival des Îles 2024

En voyage vers notre prochaine île !

En 2024, Isulimondi

accueille le Japon

 

Les rencontres Isulimondi [Festival des îles du monde] proposent en Corse, à Ajaccio, un projet inédit. Leur ambition est de mettre en résonance les îles du monde entier en ce qu’elles ont de singulier et de commun avec la Corse : chercher les convergences, les similitudes, ouvrir le dialogue, faire découvrir, faire aimer ou du moins, faire connaître…

Les îles sont des espaces ouverts. Elles sont au monde en même temps qu’elles sont des mondes, et les eaux qui les séparent des continents n’ont jamais été des frontières infranchissables pour les cultures dont les hommes sont porteurs.

Pour sa seconde édition qui se déroulera cette année 2024, du 24 au 29 septembre au Lazaret et du 28 septembre au 4 octobre dans les cinémas d’Ajaccio, après l’Islande, le Festival ISULIMONDI ajoute un nouveau point (rouge) sur sa carte du monde en invitant le JAPON, cet immense archipel bordé par la mer du Japon et l’océan Pacifique, donc bien éloigné de la Corse !

Pour cette nouvelle déambulation culturelle et festive, nous investirons à nouveau l’écrin merveilleux dédié aux arts et à la culture qu’est Le Lazaret Ollandini-Musée Marc Petit. Quel enjeu pour nous de faire se rencontrer le Japon, un pays riche d’une civilisation millénaire, et la Corse, petite mais d’une culture si singulière, deux îles si lointaines et si proches sur bien des points ?! Et pourtant, ce rapprochement étonnant nous a paru évident !

Le Japon nous inspire. Et la Corse aussi, bien évidemment !

Nous souhaitons rendre hommage au plus corse des Japonais, l’artiste peintre Morio Matsui, décédé en 2022, installé en Corse en 1998. Il disait à quel point il avait trouvé en Corse les paysages japonais de son enfance, « son vieux journal intime » et le scintillement de la mer. Rencontre avec Dominique Torre, son ami pêcheur de corail qui l’a bien connu.

Tout d’abord, un paysage commun, abrupt, contraint car cerné par les eaux, une nature souveraine à la fois prodigue et inquiétante, difficilement maîtrisable mais que l’on cherche néanmoins toujours à « cultiver », à domestiquer, à architecturer, différemment, au gré des enjeux et des temps qui s’imposent. Fragiles singularités insulaires face aux masses continentales et à l’immensité des mers comme un contrepoint de légèreté et de souplesse, d’expérimentations nécessaires à notre survie sur un espace-monde en résumé.

Par sa géographie insulaire et montagneuse, le Japon, comme la Corse, est fortement exposé à de multiples aléas naturels : inondations, tempêtes, incendies, glissements de terrain, séismes…

Le Pays Nippon, si subtil, de traditions ancestrales, de croyances puissantes, d’un système de valeurs fondé sur le respect, la beauté, l’élégance, la sérénité. Attentif à l’ensemble des manières, du savoir-vivre et de l’étiquette, les Japonais vivent, croit-on, dans un monde codifié, ritualisé en recherche de perfection dans leur vie quotidienne, tant au travail qu’à l’école. Le pays est un géant économique centré sur son marché intérieur, l’exportation y est peu développée, nous dit-on, sauf quelques fleurons de l’industrie nippone. Traditionnellement, il est un pays d’artisans minutieux, les Japonais aiment le bel ouvrage, serait-ce une des raisons de leur goût pour le luxe ?

Héritier d’une tradition de grandeur, le Japon est, à nos yeux d’occidentaux, tout autant mystérieux qu’extravagant, replié sur lui-même voire méfiant mais aussi désireux de s’ouvrir sur le monde par le choix d’une culture du « Soft Power ». Le succès de la culture populaire japonaise ne se dément pas. L’exceptionnelle popularité des mangas en Occident, des grands événements sportifs et culturels comme Japan Expo, les J.O. et l’Exposition Universelle de 2025 à Osaka sont largement médiatisés, offrant un nouveau souffle à l’image internationale de la culture japonaise en y incluant les dessins animés et les jeux vidéo… un Japon « cool » (Cool Japan) !

Nous voulons explorer ces paradoxes, essayer d’aborder ce savoureux pays par ses arts majeurs que sont le cinéma, la littérature, la musique, le dessin et la photographie, mais également sa gastronomie, son artisanat, sa production artistique et y chercher, y trouver des convergences car il y en a ?! C’est l’une des ambitions de ces rencontres. S’essayer à la recherche de « l’île microcosme » comme formulée par l’écrivain Wahei Tatematsu !

La littérature japonaise très ancienne a développé des formes littéraires uniques ; le goût pour un certain sens du détachement, l’isolement, l’éloignement. La littérature japonaise est-elle en pleine renaissance ? Dominée par des figures tutélaires, elle se réveille, plus féminine, plus vernaculaire, moins héroïque. Mais toujours aussi belle !

Le cinéma japonais a une histoire qui date des débuts du cinéma. Le Japon possède l’une des industries cinématographiques les plus anciennes et les plus importantes au monde. Son âge d’or dans les années 1950 a vu les meilleurs films réalisés. « Voyage à Tokyo » (1953) de Yasujiro Ozu tandis que le film « Les Sept Samouraïs » (1954) d’Akira Kurosawa est élu meilleur film en langue étrangère de tous les temps ! À partir des années 2000, le cinéma nippon fait sensation avec Kore-eda, Kawase, Kitano et Kyoshi Kurosawa qui sont les principaux représentants du Japon dans les festivals internationaux depuis les années 1990. Le genre Anime parvient à une reconnaissance internationale. « Akira » de Katsuhiro Ōtomo (1988) a un budget record pour l’animation japonaise et sort ensuite notamment aux États-Unis et en France. Les films du studio Ghibli et ses personnages font alors le tour du monde. « Le Voyage de Chihiro » d’Hayao Miyazaki reçoit le 1er prix du Festival du film de Berlin 2002 et remporte l’Oscar du meilleur film d’animation en 2003, et l’aventure continue avec une nouvelle génération créative…